Comité départemental de la Drôme

Les premiers mois de Jean-Luc Vanacker au Québec PDF Imprimer Envoyer
  
Vendredi, 06 Juin 2008 14:00

Au premier jour du printemps la neige est encore au rendez-vous : 30cms seront tombées durant cette journée, les grands froids semblent appartenir au passé, mais il reste une température sous zéro (-10°). Ces dernières giboulées marqueront logiquement la fin d'un hiver, qui restera dans la mémoire des québécois et du « petit français », que je suis.

Trois mois depuis mon arrivée se sont écoulés, trois mois de températures et de changements climatiques, qui auraient fait plaisir à un grand nombre de montagnards drômois, en recherche de froid et de glace...

 

Arrivé le 31 12 2007 en après-midi à l'aéroport de Montréal, je débarque avec 46kgs de bagages, 6h de route enneigée et une température extrême (-32) m'amène à Jonquière au Saguenay . Une soirée avec des amis, qui sont heureux de me recevoir et de m'inviter à leur table. Quel changement de vie et de rythme, s'annonce à moi.

 

Janvier, mois de tous les temps…

Le mois de janvier va s'écouler avec des changements de températures défiants toutes concurrences, même les québécois n'en reviennent pas. Nous avons eu une première semaine avec des températures de -32, ajoutez la dessus des facteurs éoliens importants, qui abaissent le thermomètre de plus de 10°. Une deuxième semaine, voit le mercure monter au point de passer au-dessus de zéro plusieurs jours. Les conséquences de ces changements sont, et nous ne pouvons l'imaginer en étant dans nos régions tempérées, catastrophiques, des embâcles (murs de glaces cassées, qui forment des barrages sur les étranglements de rivières) se forment et des zones inondables seront submergées par les eaux. Imaginez, arriver chez vous, vous avez une « Mustang » garée dans votre tempo et l'eau qui est montée au niveau des vitres. Les sous-sols, sont pleins d'eau. Le froid n'est pas terminé. Si les eaux ne sont pas descendues, elles gèleront là où elles sont installées. Beaux dégâts en perspectives… heureusement, la douceur reste plusieurs jours et les eaux ont le temps de redescendre avant le retour des grands froids. Janvier s'écoule avec des variations et des chutes de neige importantes.

Février, au milieu des chevreuils et des records…
Février sera un mois aussi tumultueux, avec des chutes de neige qui vont battre les records, jamais atteints au Québec. Montréal verra la barre des 4m dépassée et Québec une des

villes, qui subit le plus de perturbation au Québec, se verra battre le record des 5m. Pour nous « petit français » cela nous fait vivre un rêve, mais pour les québécois tout devient plus difficile. Montréal avait dépensé son budget déneigement en décembre, ce qui laisse présager des augmentations d'impôts pour l'année à venir et les services spécialisés ne suivent plus les chutes de neige. La région qui va m'accueillir sera au bord de Montréal (à 1h15 sur route sèche) Les Laurentides est une région peuplée de chevreuils, il n'est pas rare d'en rencontrer au détour d'un chemin. J'ai eu le plaisir à plusieurs reprises de les admirer. Il faut aussi dire, que bon nombre de québécois, donnent à manger aux cervidés. Des carottes et autres pommes sont d'ailleurs vendues tous spécialement pour eux.


Durant ce mois de février, les activités d'hiver battent leurs pleins. Nous encadrons de jeunes français qui viennent au Québec pour pratiquer des activités quasiment inexistantes en France : la motoneige, le traîneau à chiens, le ballon balai sur piste de glace sur lac, la construction de kwenzy, la découverte des amérindiens en présence d'un pur autochtone inuit et la passionnante histoire d'un trappeur (il en existe encore ici). J'ai la responsabilité de la motoneige et c'est au cours d'un des derniers passages, que je me laisse aller et manque de vigilance, la motoneige aura raison de ma faiblesse et me mettra par terre. Une belle fracture du 5è métatarse, va me bloquer durant tout le mois de mars. Mon projet de visite et de cascades dans les montagnes Chics Chocs, va tomber à l'eau. Il sera remis à l'année prochaine avec, je l'espère un groupe du CD FFME Drôme. Au programme : cascades, ski de randonnée, raquettes, ainsi les compagnes auront, aussi la possibilité de venir vivre une expérience de froid québécois et gaspésien.

Avril, ne te découvre pas d'un fil… ce n'est pas respecté par les québécois…

Le mois d'avril est commencé depuis une quinzaine de jours et la neige commence à disparaître dans une grande partie du Québec. Montréal est déjà sur l'asphalte et les manteaux chauds de l'hiver laissent la place aux tenues vestimentaires de plus en plus légères. Le lac devant lequel, j'écris ces lignes est lui toujours aussi enneigé et glacé, nous sommes dans une région très froide, mais aux informations le sujet principal reste les réchauffements et la fonte des glaces ainsi que la montée des eaux des rivières. Les embâcles reprennent de plus bels et les « grenouilles » sont sollicitées sur presque toutes les rivières. Certaines régions sont directement desservies par les grands lacs frontaliers avec les Etats Unies, ce qui laisse envisager du pire. Le Saint Laurent a déjà monté de plus de 20cms dans les premiers jours du printemps. (Grenouille : nom donné à un bateau spécifique, qui casse les glaces avec une pelle)
Lors d'un de mes voyages Montréal-Kénogami (Romans-Paris), j'ai pu constater l'ampleur des inondations, que subissent les québécois, quasiment tous les ans dans la région du Lac Saint Pierre (sur le Saint Laurent). Je roulais sur l'autoroute et les eaux étaient de chaque côté à environ une cinquantaine de centimètres du niveau, auquel nous roulons. Cette région est totalement inondée sur des kilomètres : Très impressionnant à voir.
Les outardes, elles se régalent et utilisent cette région comme lieux de repos. Elles reviennent en masse et forment dans le ciel de grands V. Leur nombre me semble considérablement imposant, j'essaye de donner un chiffre, mais suis sur de me tromper. Je pense en voir des centaines, que leur vol est beau et majestueux à voir. La douceur a atteint des températures exceptionnelles de 24°, inutile de vous dire ce que font les gens ici : il ratisse leur jardin pour enlever la saleté laissée par les bancs de neige et donner au gazon de l'air pour qu'il reprenne. La verdure revient très rapidement, j'en suis très impressionné.


Ma deuxième quinzaine d'avril devait être occupée par une traversée en bateau : un convoyage de New York en direction de Trinidad. Le propriétaire du bateau n'ayant pas terminé ces travaux de réfection, nous ne partirons pas avant l'automne. En attendant, je vais très certainement faire une intrusion aux Etats Unies, jusqu'en Virginie pour aller avec des amis grimper au soleil.

Le Québec et quelques chiffres :
6 fois la France, en surface
7000000 de québécois, 1500000 à Montréal
1000000 de lacs et rivières
16 novembre 2007 première neige
Début avril dernière tempête. Lorsque l'on parle de tempête icit, c'est à ne pas mettre un québécois dehors et ce n'est vraiment, pas peu dire. La route n'est plus visible.
5m de neige à Québec, tombée durant l'hiver
4m à Montréal
43kms de long pour le Lac Kénogami (lac long en amérindien)
10m de perte de niveau durant l'hiver, alimentation de la centrale hydro-électrique oblige
250kms pour voir le premier voisin devant la maison ! (longueur du parc des Laurentides) entre Québec et Saguenay
40cms de glace, sur le Lac Kénogami, formée cet hiver
100km/h et 60km/h minimum, vitesses sur autoroute
90kms sur route, des vitesses relativement bien respectées
50 dollars d'essence pour faire Montréal-Kénogami (Romans-Paris), sans péage
154 dollars d'amende pour un feu orange… à Montréal. Heureusement, la police ne pouvait pas m'enlever de points ! Il n'a cependant pas apprécié mon permis de conduire datant de 1969 avec une photo d'époque…

Mis à jour ( Mardi, 19 Janvier 2010 06:18 )