Comité départemental de la Drôme

Stage Equipe Alpinisme Drôme : Stage Estival en Suisse PDF Imprimer Envoyer
  
Jeudi, 09 Septembre 2010 11:42

L'équipe Jeunes Alpinistes du CD FFME Drôme est partie cet été en stage en Suisse, voici leur compte rendu...



Mardi 24 Août:

7h rond point de Pizançon, l’équipe jeune alpinisme drôme 2009-2010 se retrouve pour son dernier stage sous le signe de l’alpinisme en Suisse. Après de rapides retrouvailles, nous ne perdons pas de temps et chargeons les nombreux sacs dans le trafic loué pour l’occasion. Cyril, notre guide, prend le volant en direction de la vallée de Zinal. Passé la frontière, Nous retrouvons Claire déjà dans le coin et une fois arrivé sur le parking de Zinal, nous nous préparons pour 2 jours en montagne. Le programme de cette première journée est la montée à la cabane du grand mountet à 2886m d’altitude. Environ 4h de montée pour une quinzaine de bornes avec une bonne partie sous la pluie = ambiance montagne garantie! Nous pouvons découvrir durant la montée le glacier mais aussi des moutons peu communs... (ne pas se fier à l’appellation cabane qui se révèle être un très confortable refuge).


Rencontre du 3ème type

Mercredi 25 Août:

Levé 4h30, remontée en direction du Besso : 3668m par un imposant pierrier puis une esthétique arête qui nous permet de nous familiariser avec les techniques d’assurages avec les becquets et la pose de quelques coinceurs. Nous formons 4 cordées de 2 qui évoluent principalement en corde tendue. Arrivée au sommet avec un superbe panorama et une vue dégagée. Le beau temps nous surprend car nous commencions à être habitués au fil des stages à avoir une météo plutôt capricieuse...

Nous nous dirigeons par la suite vers le Blanc de Moming : 3661m avec encore une fois une belle arête puis un court passage en neige nous obligeant à chausser les crampons. Le sommet est rapidement atteint, nous profitons pour repérer l’itinéraire prévu le lendemain c’est à dire la traversée du Zinalrothorn : 4221m.

Après avoir bu et mangé un peu, nous quittons nos crampons et entamons une pénible descente au refuge par un versant délité.

Le soir les plus motivés se mesurent aux blocs équipés à proximité du refuge pour finir en beauté la journée pendant que certains prennent des boîtes de boissons (traduisez canettes en Suisse...)

 

 

 

 


Arrivée au sommet du Besso, arête vers le Moming en second plan, le Zinalrothorn sur la gauche

Jeudi 26 Août:

Levé 4h, après un petit-déjeuner rapidement avalé, nous attaquons le sentier pour se retrouver au pied du glacier. Le projet initial était de parcourir toute l’arête du Zinalrothorn mais une partie du glacier étant bien crevassée, nous choisissons plutôt un parcours aller-retour sur l’arête Nord.

Sur le glacier, nous nous encordons et durant la montée passons quelques petites crevasses puis rejoignons une esthétique arête enneigée. La trace est déjà faite mais cette montée reste néanmoins bien physique car nous approchons mine de rien des 4000m. La suite en rocher se fera dans une grosse ambiance avec pas mal de gaz et de vent. Quelques spits sont là pour protéger les passages délicats mais l’arête ne montre pas de grosses difficultés. Là encore nous avançons en corde tendue en plaçant des coinceurs et en utilisant les becquets. Par chance le temps se lève peu à peu et nous arrivons au sommet avec encore une fois une vue magique. S’en suis la longue désescalade de l’arête pour rejoindre le refuge. D’ailleurs en Suisse, le mot désescalade du verbe désescalader devient dévarapper, tout comme parer qui devient spoter...

En parallèle, Benjamin et Claire s’engagent dans une grande voie en terrain d’aventure sur le Mammouth qui se montrera finalement généreuse en pitons et protections.

La journée se poursuit par la longue et pénible pour les jambes redescente dans la vallée et la recherche d’un camping pour la nuit. Théo qui est venu donner un coup de main pour encadrer nous rejoint en train le soir. Nous nous retrouvons tous donc au camping devant un bon plat de pâtes et en profitons pour prendre une douche bien méritée.


Sur l’arête du Zinalrothorn

Vendredi 27 Août:

Première grasse matinée du stage, nous nous levons sous la pluie et mangeons en attendant les plans de Cyril qui est parti chercher des informations sur la météo. Bilan mauvais temps pour les 2 prochains jours. Après concertation, nous décidons donc de partir à Val d’orco en Italie. Aussitôt dit, aussitôt fait, on charge des sacs et sautent dans le trafic direction l’Italie. Après plusieurs heures de routes, nous arrivons enfin dans cette vallée truffée de cailloux fissurés. Nous posons la voiture au camping et partons à quelques centaines de mètres faire la fissure «Kosterlitz». C’est pour la plupart notre première expérience de grimpe en fissure avec les verrous de mains et de doigts à maîtriser. Non sans mal, nous progressons chacun notre tour en recherchant un maximum de sensations pour passer les premiers mètres. Au bout de quelques essais les premières douleurs aux mains apparaissent avec de belles éraflures (heureusement demain, on mettra des straps). Les 2 Benjamin et Léo la finirons même dans la soirée, pour les autres ça sera un peu plus long...


La fameuse Kosterlitz

Samedi 28 Août:

Après une nuit agitée et rythmée par le vent (Théo a passé la nuit à se faire écraser par la toile de tente qui se couchait avec le vent...), nous choisissons de partir dans le caporal pour faire le dièdre Sanchez et Orecchio del pachiderma + Rattle Snake. 2 cordées de 3 partent dans le dièdre et une cordée de 3 part dans l’oreille.

Après plusieurs belles longueurs, des relais pas forcement top confort et quelques gros combats bien psychologiques, nous nous souviendrons du combat d’anthologie mené par Mathieu dans le dièdre pour enchaîner un long et très physique dulfer! Nous descendons en rappel et l’équipe se retrouve en bas pour échanger les impressions de chacun, rattraper les friends perdus pendant l’ascension et grimper quelques couennes.

De retour au camping, nous reprenons d’assaut la «Kosterlitz» et programmons la journée de demain. Nous avons apprécier les straps toute la journée car ils sont très efficaces pour protéger les mains dans les fissures mais un fois le soir venu, il faut les retirer et là, les plus poilus ne font pas les fiers...


Dièdre Sanchez

 

Dimanche 29 Août:

Dès le réveil nous commençons à plier bagages pour perdre le moins de temps possible si l’on veut grimper un peu avant le retour en France qui va être long. Benjamin,Hugues et Léo choisissent de partir dans une combinaison qui mène à Cannabis, une longueur finale en 7a avec une fine fissure légèrement déversante et Antoine, Cyril et Mathieu dans la Fissura della disperazione, une large fissure qui raye dans diagonale la falaise et qui rejoint Cannabis (pour information: le Camalot taille 6 était trop petit sur certains passages!). Benjamin et Théo en profitent eux pour écumer les couennes au pied de la falaise. Nous savourons ces dernières longueurs qui nous dépaysent tellement de nos terrains de jeux drômois.

De retour vers 14h, nous plions bagages et rentrons bien fatigués mais heureux de cette semaine.



la fissure de Cannabis

 

Rédigé par Antoine Lapostolle

Photos: Mathieu Lizee, Benjamin Ribeyre

Plus de photos:

http://picasaweb.google.fr/benjamin.ribeyre/StageDromeSuisseItalie2010?feat=directlink#

 

Mis à jour ( Jeudi, 09 Décembre 2010 13:14 )